- 1 septembre 2026
- by NSimon
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CPF en 2025 : moins de formations, mais des parcours qui se transforment
En 2025, 1 226 000 formations ont débuté grâce au compte personnel de formation, soit une baisse de 11 % en un an. Le nombre de personnes ayant mobilisé leur CPF recule lui aussi de 10 %, à 1,11 million. Après le rebond de 2024, le dispositif retrouve donc une tendance à la baisse.
Ces chiffres, publiés par la Dares, ne signifient pourtant pas que les besoins de formation diminuent dans les mêmes proportions. Les nouvelles règles de financement, la restriction du CPF pour certains permis et la fin de l’éligibilité des formations non certifiantes à la création d’entreprise ont profondément modifié la composition des entrées.
Le chiffre à retenir Le CPF ne disparaît pas, mais il devient plus contraint. Les salariés ont davantage besoin d’information, d’orientation et de cofinancements pour transformer leurs droits en un parcours réellement utile.
Une baisse qu’il faut lire avec prudence
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Le recul global est fortement influencé par quelques mesures ciblées. Les entrées liées au permis moto chutent de 94 % entre 2024 et 2025, passant de 130 200 à 7 800. Les formations à la création ou à la reprise d’entreprise baissent de 60 % après l’exclusion des parcours non certifiants. À elles seules, ces évolutions expliquent une part importante de la diminution observée.
Les transports restent malgré tout le premier domaine financé par le CPF : ils concentrent 40 % des entrées en 2025. Le permis B représente à lui seul 24 % de l’ensemble des formations. Le CPF demeure donc massivement utilisé pour répondre à des besoins immédiats d’accès à l’emploi ou de mobilité.
La participation obligatoire pèse surtout sur les non-demandeurs d’emploi
L’étude met en évidence un écart très net. Les entrées des personnes inscrites à France Travail progressent de 8 %, tandis que celles des personnes non inscrites reculent de 22 %. Les inscrits à France Travail représentent désormais 43 % des entrées CPF, contre 35 % en 2024.
La Dares relie notamment cette différence à la participation forfaitaire obligatoire. En 2025, 95 % des formations engagées par des personnes non inscrites à France Travail y étaient soumises. Depuis le 1er avril 2026, cette participation n’est plus de 102,23 euros : elle est passée à 150 euros par dossier, sauf exonération.
Les demandeurs d’emploi sont exonérés. Certains salariés peuvent également éviter ou faire prendre en charge cette somme lorsqu’un employeur, un OPCO ou un autre financeur intervient dans les conditions prévues. Pour les représentants du personnel, l’enjeu est concret : un droit inscrit sur un compte n’est pas automatiquement un droit accessible si le reste à payer, le manque d’information ou l’absence d’accompagnement bloque le projet.
La VAE progresse de 101 % en un an
La progression la plus spectaculaire concerne la validation des acquis de l’expérience. Les entrées en VAE financées par le CPF ont plus que doublé entre 2024 et 2025 (+101 %). Elles représentent désormais 3 % des entrées, contre 1 % l’année précédente. La Dares relie cette hausse aux nouvelles règles entrées en vigueur le 1er août 2025, qui ont facilité le financement des parcours VAE par le CPF.
Cette dynamique concerne particulièrement des publics pour lesquels la reconnaissance de l’expérience peut avoir un effet décisif : 71 % des entrées en VAE sont le fait de femmes et 74 % concernent des personnes dont le niveau de diplôme est inférieur ou égal au baccalauréat.
Les compétences acquises dans le cadre de responsabilités syndicales peuvent être prises en compte dans une démarche VAE, à condition d’être directement reliées au référentiel de la certification visée. Négociation, gestion de conflit, animation d’équipe, communication, prévention des risques ou gestion de projet ne doivent donc pas rester invisibles : elles peuvent être décrites, documentées et reconnues.
Consulter les informations officielles sur la VAE
Le présentiel revient, mais l’hybride conserve une place importante
En 2025, 42 % des formations CPF se déroulent en présentiel, contre 30 % à distance et 28 % sous une forme mixte. La part du présentiel augmente régulièrement depuis 2022 et retrouve presque son niveau de 2020.
Toutes les prestations ne suivent toutefois pas la même logique. La VAE prend une forme mixte dans 46 % des cas et le bilan de compétences dans 37 % des cas. Cette combinaison répond bien à des parcours qui exigent à la fois de l’autonomie, des entretiens individualisés et des temps d’échange approfondis.
Les besoins en compétences évoluent
Derrière la baisse générale, plusieurs domaines progressent fortement. Les formations en communication augmentent de 31 %, celles liées à la sécurité de 24 % et l’informatique de 19 %. La Dares observe notamment le succès de certifications liées à la communication numérique et à l’intelligence artificielle.
À l’inverse, les formations en bureautique reculent de 21 % et celles en langues de 6 %. Les bilans de compétences repartent à la hausse (+9 %). Le CPF se déplace donc progressivement vers des usages plus ciblés : sécuriser un parcours, obtenir une certification, préparer une mobilité ou faire reconnaître une expérience déjà acquise.
Ce qui a encore changé en 2026
Les données de la Dares portent sur 2025. Depuis, les règles se sont encore durcies. En plus de la participation obligatoire portée à 150 euros, de nouveaux plafonds de mobilisation du CPF s’appliquent depuis février 2026 : 1 500 euros pour les certifications du Répertoire spécifique, 1 600 euros pour un bilan de compétences et 900 euros pour certains permis légers. Le bilan de compétences est également soumis à un délai de cinq ans lorsqu’un précédent bilan a déjà été financé.
Ces plafonds ne correspondent pas toujours au prix total du parcours. Ils renforcent donc la nécessité d’anticiper un abondement de l’employeur, de l’OPCO, de France Travail ou d’un autre financeur. Les règles détaillées sont présentées sur Mon Compte Formation.
Comment sécuriser son projet de formation ?
- Vérifier ses droits sur le site officiel. Se connecter directement à Mon Compte Formation et ne jamais communiquer ses identifiants à un démarcheur.
- Partir d’un objectif professionnel précis. Une formation n’est utile que si elle répond à un besoin réel de mobilité, de qualification, de reconversion ou d’exercice d’un mandat.
- Contrôler l’éligibilité et la certification. Pour une formation certifiante, vérifier le numéro RNCP ou RS, sa date de validité et la cohérence du programme avec la certification annoncée.
- Rechercher un cofinancement. L’employeur, l’OPCO, France Travail ou d’autres acteurs peuvent compléter les droits disponibles et, dans certains cas, prendre en charge la participation obligatoire.
- Envisager la VAE. Lorsque les compétences sont déjà maîtrisées par l’expérience, reprendre une formation complète n’est pas toujours la réponse la plus pertinente.
- Se faire accompagner. Le conseil en évolution professionnelle est gratuit et peut aider à clarifier le projet avant toute dépense.
Faire du CPF un véritable droit à l’évolution professionnelle
La baisse observée en 2025 rappelle une évidence : laisser chacun seul face à une plateforme et à des règles changeantes ne suffit pas à garantir l’accès à la formation. L’information, l’orientation et la capacité à mobiliser des financements complémentaires deviennent déterminantes.
Pour les militants et les représentants du personnel, le CPF doit rester un outil au service de l’émancipation, de la sécurisation des parcours et de la reconnaissance des compétences. La forte progression de la VAE ouvre notamment une voie concrète pour valoriser l’expérience professionnelle, bénévole et syndicale.

